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J’ai écouté un nombre incalculable de fois votre album « Reasons To Hang Around » et j’ai le sentiment qu’il raconte l’histoire de l’échec d’une relation. Est-ce que votre nouvel album « Either Way I Think You Know » suit également un fil rouge ?
PA : Il existe beaucoup d’hypothèses (il sourit). Dans une certaine mesure « Reasons To Hang Around » évoque une relation avec ses hauts et ses bas. Dans certaines chansons tout s’écroule alors que d’autres sont des chansons d’amour assez optimistes. En comparaison « Either Way I Think You Know » est un peu plus sombre, les choses ne marchent pas aussi bien. Mais toutes les chansons du disque ne traitent pas de relations réelles. J’ai essayé de tester différentes façons d’écrire une histoire. Ainsi certaines chansons se fondent sur un livre et ne racontent donc pas ma vie. Je n’avais jamais fait ce genre de choses avant. « Reasons To Hang Around » a été au contraire pour moi la meilleure façon possible de gérer une rupture. J’espère que … (il fait une brève pause) … je ne crois pas que j’écrirai beaucoup d’autres chansons de la sorte.
La dernière chanson du dernier album s’intitule « Dorian Leaving The Table in Rage » et j’ai lu que vous l’avez écrit en Norvège pour la version du grand classique d’Oscar Wilde « Le portrait de Dorian Gray » en livre audio. Tu viens de mentionner un livre, y a-t-il un rapport ?
PA : Bien sûr ! « Song for Sybil » parle de Sybil Vain, un personnage de « Dorian Gray ». Et « Dorian Leaving The Table in Rage » raconte aussi un épisode du roman.
Comment en es-tu venu à écrire sur ce livre ?
PA : Parce que je le connais très bien. Je suis pour ainsi dire retourné vers ce livre. Lorsque j’étais à la faculté, j’ai écrit mon mémoire de fin d’études sur ce livre. Après pendant bien dix ans je n’ai rien fait d’universitaire, mais revenir vers ce livre a été une très belle chose. Lorsque nous avons travaillé pour le livre audio, nous avons écrit quelques chansons avec des paroles, mais ne les avons pas utilisées, parce que finalement la plupart des titres sont restés sous forme instrumentale. Donc j’avais quelques textes qui traînaient chez moi et quand nous avons commencé à travailler sur le nouvel album, je les ai repris et transformés pour qu’ils s’ adaptent au nouveau disque.
J’ai remarqué que sur le nouveau disque il y avait deux chansons avec des textes très proches. Quelle en est la signification ?
PA : A l’origine, j’ai écrit le texte pour la version acoustique, mais lorsque nous étions dans la salle de répétition, notre guitariste a proposé de le jouer comme les Lemonheads ou Dinosaur Jr. Donc nous avons modifié un peu le rythme et avons essayé, mais nous avions besoin de quelques lignes supplémentaires de texte. Lorsque j’avais écrit les paroles au départ, j’avais mis de côté beaucoup de strophes, parce que je voulais que cela soit percutant. Ensuite j’ai dû en ressortir quelques unes, mais au fond les chansons disent la même chose, même si je trouve que le texte de la version acoustique est meilleur.
HS : Pål n’était pas très à l’aise avec la version rock
PA : Pourtant j’aime cette chanson, surtout les arrangements …
HS : Mais tu n’étais pas satisfait du texte de la version longue
PA : Il n’est pas mal, mais l’autre est sans conteste meilleur – il a quelque chose de particulier. J’écris beaucoup de textes, mais j’estime que beaucoup ne sont pas très bons. Mais celui-là je le trouvais réussi et cela a été d’autant plus difficile pour moi de le réécrire.
HS : En revanche les autres, en fait tout le monde, ont pris beaucoup de plaisir à jouer la version rock de la chanson.
PA : Je l’apprécie aussi, en plus il passe bien à la radio et en live c’est vraiment le pied.
Votre maison de disques a annoncé que votre dernier album est plus un album de groupe que les précédents. Avez-vous changé votre manière d’écrire les chansons ?
HS : C’est dû aux arrangements sur le disque. Chacun en fait pour son propre instrument, mais cette fois la grande différence a été que nous avons écrit les arrangements ensemble dans la salle de répétition et que nous les avons enregistrés en live dans le studio. Avant, nous allions séparément au studio et écoutions ce que les autres avaient fait pour décider de la suite. Nous ne faisons plus comme cela maintenant.
PA : Nous sommes devenus en plus en plus un vrai groupe. Le premier disque je l’ai enregistré tout seul, ensuite Jon (Remarque : Jon Arild Stieng, le guitariste du groupe) est venu et ce n’est qu’après que nous sommes devenus un vrai groupe. C’est pour cela que j’avais auparavant le sentiment que mes chansons étaient présentées par un groupe. Mais avec « Reasons To Hang Around » et le nouvel album cela a été différent. Maintenant les arrangements de la plupart des chansons sont réalisés par le groupe au complet. En outre, nous n’écrivons plus nos albums dans le studio, mais déjà dans la salle de répétition, pour ne plus avoir qu’à les enregistrer ensuite. Je trouve qu’ainsi le son du nouvel album est un peu plus brut, un peu plus rock’n’roll.
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